Eloy de Vicq

Eloy de Vicq 1777 – 1856

Eloy de Vicq naquit à Douai le 3 juillet 1777 “d’une famille distinguée de l’ancien Parlement de Flandres”. En raison des “troubles révolutionnaires”, ses parents durent s’expatrier et ils se réfugièrent en Allemagne. “Privés de leur fortune par l’émigration, ils trouvèrent heureusement une ressource dans le talent musical de leur fils qui, ayant étudié la musique et le violon avec ardeur dès son enfance, put, à peine âgé de 15 ans, donner des leçons et entrer comme violoniste à l’orchestre du théâtre de Hambourg”. A Hambourg, il rencontra le violoniste Pierre Rode et le pianiste et compositeur Jan Ladislav Dussek qui l’associèrent à leurs concerts.

En 1803, il rentra d’exil à Douai ; mais il n’avait pas quitté sans regret la “vie émouvante des artistes”. Il reprit bientôt le chemin de Hambourg, y séjourna quelques mois, puis s’embarqua pour la Russie. Il passa 2 années à Saint-Pétersbourg et à Moscou, où il retrouva Rode alors violon solo du tsar Alexandre 1er , mais aussi les pianistes et compositeurs John Field et Daniel G. Steibelt ainsi que le violoncelliste Lamarre, jouant Mozart, Haydn, pratiquant la musique de chambre. Mais surtout, il fit la connaissance de Pierre-Marie Baillot, le violoniste français du temps qui menait une grande carrière et enseignait, depuis sa création en 1795, au Conservatoire de Paris. Eloy de Vicq et Baillot se lièrent “d’une vive amitié”. A la fin de 1806, Eloy de Vicq retourna à Douai. Il vint une première fois à Abbeville en 1807 et s’y fixa définitivement en 1810. Il apportait “la véritable tradition de belles compositions à peine connues en France”. “Il ne cultiva plus la musique que comme amateur, mais il y puisait ses jouissances les plus vives. Sa manière grande et classique de jouer du violon et le profond sentiment musical dont il était pénétré ont fait longtemps le charme de ceux qui l’ont entendu. C’est à ce pur amour de l’art dont il était toujours animé qu’Abbeville doit l’institution d’une école publique de musique qui a formé de bons élèves et propagé le goût de cet art.” Outre l’école de musique, Eloy de Vicq eut en charge dès 1815 la “direction à donner à la Musique de la garde nationale” nouvellement créée et il impulsa la création d’un Orchestre des amateurs qui deviendra Société philharmonique. “Eloy De Vicq a publié : Air russe varié, pour violon principal avec violon, alto et violoncelle ou piano, Paris, Pacini.”

Sources : La musique à Abbeville 1785 – 1856. Souvenirs d’un musicien.
François Joseph Fétis, Biographie universelle des musiciens.

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